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La droite saint-michelloise en eau trouble derrière Fillon

 

Après la publication ce 18 mars de la liste officielle des 11 candidats pour l’élection à la Présidence de la République, François Fillon sera donc bien le candidat de la droite soutenu par le parti Les Républicains et le conglomérat de l’UDI. Pourtant, comme un peu partout à travers le pays, le 3 mars dernier, 31 responsables de ces deux partis en Essonne publiaient un communiqué lucide qu’il convient de rappeler ici. « François Fillon a remporté la primaire en se positionnant sur les principes de courage, d’éthique et de responsabilité. Force est de constater que ce message est aujourd’hui inaudible. Plus que jamais le sursaut doit être politique. Aussi douloureuse et injuste qu’elle puisse paraître, la situation de notre candidat ne permet plus de promouvoir les idées innovantes et fortes, seules capables de régénérer le pacte républicain et de l’enraciner dans les valeurs qui ont fait le génie français et sa part d’universalité. Nous estimons que François Fillon doit prendre la décision de retirer sa candidature parce que l’intérêt supérieur de la France s’impose à tout engagement politique et qu’il est encore juste temps d’incarner par une autre personnalité notre famille politique, le sursaut du pays ». Parmi les signataires on relevait les noms de Bernard Zunino, maire de St Michel et Sophie Rigault, vice-présidente du Conseil départemental et 1ere adjointe. Finalement, comme la plupart des élus de droite qui lâchaient ainsi clairement Fillon, les deux comparses viennent d’opérer un « tête à queue » aussi rapide que déconcertant. Ainsi Bernard Zunino s’est vite empressé d’apporter son parrainage à Fillon dès la semaine suivante (parution sur le site du Conseil Constitutionnel, le 9 mars). Quant à Sophie Rigault, dès le 6 mars, elle publiait un long communiqué sous un habillage pudique avec une langue de bois très politicienne. Décryptons les principaux passages

Premier temps : la jeune femme ébranlée. « Depuis plusieurs semaines, la campagne présidentielle est secouée par une tempête, que dis-je, un séisme et qu’on se le dise, ce n’est pas fini. Sans faire d’angélisme et très lucide par rapport à toutes les élections vécues depuis le début de mon engagement il y a 12 ans, cette campagne est la pire ».

Deuxième temps : l’élue impartiale : « Entendons-nous bien, je respecte la séparation des pouvoirs et la justice doit faire son travail, même si on peut admettre qu’elle ne chôme pas sur cette affaire. Et, je respecte la liberté de la presse. Je ne peux cautionner l’attitude de certains qui feraient la promotion d’une forme de censure. Clairement, s’il y a fait condamnable, alors qu’il soit condamné. Je n’ai aucun état d’âme ».

Troisième temps : le premier demi-tour « Pour autant, je ne peux accepter que soient jetés en pâture des êtres humains. C’est d’une violence folle. A croire que certains y prennent du plaisir. Que ce soit la presse, les politiques eux-mêmes, les militants de tel ou tel parti, de mon parti, chacun y va de sa petite phrase et de sa petite analyse. Cela me fait mal au cœur de voir autant de pourritures déversées ici ou là, parce que désolée les gars, passé le soulagement immédiat, le réconfort d’avoir balancé des ordures juste pour vous soulager, le mal-être continuera de vous ronger. Parce qu’à un moment où un autre, vous vous rendrez compte que vos propos ont été trop loin, que la reconstruction sera longue et que finalement le soulagement d’un instant aura été bien éphémère. Et puis franchement, qui êtes-vous pour juger ? »

Quatrième temps : un zeste de lucidité « La réalité s’impose à nous. Douloureuse. Et j’ai fait mon choix. Comme nous l’écrivions dans un communiqué vendredi, cela n’enlève en rien les qualités intrinsèques de François Fillon, cela ne balaye absolument pas la présomption d’innocence, cela ne remet pas en cause le meilleur des programmes. Mais la réalité, mes amis, c’est que nous partons droit dans le mur ».

Epilogue : capitulation en rase campagne. « Nous ne devons pas oublier les valeurs qui nous rassemblent. Je n’ai jamais trahi ma famille et ce n’est pas maintenant que je commencerai. Alors, tout n’est pas perdu mais nous devons rester soudés. Le 23 avril prochain, je voterai LR ».

En trois jours, on le voit, c’est un véritable retournement de situation qui est opéré. Des zigzags qui démontrent que la parole de Sophie Rigault est bien changeante, au gré de son positionnement politicien. Elle fait semblant d’ignorer Fillon en proclamant voter pour son parti. Fillon est totalement empêtré dans toute une série de faits qui balaient totalement l’image de l’homme intègre qu’il voulait se donner pour écarter Sarkozy et Juppé. Soupçons d’emplois fictifs pour sa femme et ses enfants, ces derniers lui rétrocédant une bonne part des sommes perçues indument, encaissement de divers chèques provenant d’un système de financement illégal mis en place par son groupe lorsqu’il siégeait au Sénat, des costumes offerts par un avocat peu fréquentable, une société de conseil avec des financements particulièrement opaques… tout ceci commence quand même à faire beaucoup pour un candidat qui prétend devenir Président de la République. Et même si la présomption d’innocence être la règle, comment peut-on cautionner un candidat mis en examen ? Un candidat qui, de plus, avait pris la France à témoin en indiquant qu’on ne peut pas être candidat à la Présidence de la République si l’on est mis en examen !

Face à ces faits particulièrement troubles, Sophie Rigault se bouche le nez et regarde ailleurs en se camouflant derrière l’étiquette du Parti et le programme. Cette mystification pose question sur la crédibilité de sa parole. Pour ce qui concerne les intérêts de son parti, pas d’état d’âme. L’opération replâtrage derrière Fillon lui permet d’écarter une nouvelle fois la candidature de Bernard Zunino à la députation. Surnageant dans un marécage bien trouble, le parti les Républicains en effet s’efface et soutient la candidate de l’UDI dans notre circonscription. Et au delà, chaque Saint-Michellois doit bien prendre la mesure du programme présidentiel soutenu par celle qui s’apprête à devenir maire : Retraite à 65 ans, fin de la durée légale du travail à 35 heures, suppression de l’impôt sur la fortune, hausse de la TVA, 500 000 suppressions de postes dans la fonction publique. Une vraie purge !

 

Commentaires 

 
0 #2 indigne 23-03-2017 11:25
Fillon est un père indigne!!!
D'abord sa fille doit lui rembourser son mariage et ensuite lui prêter de l'argent pour qu'il paie ses impôts...
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0 #1 Ethique 22-03-2017 08:28
Le cas Fillon s'aggrave: Selon les informations du Monde, le parquet national financier (PNF) a délivré, jeudi 16 mars, un réquisitoire supplétif pour « escroquerie aggravée, faux et usage de faux » aux juges d’instruction chargés de l’enquête sur les époux Fillon – Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau –, ouverte pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d’influence et manquement aux obligations déclaratives ».
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