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Macron : C’est bien mal parti !

 

Certes, on va me dire qu’il est bien trop tôt pour tirer des conclusions sur l’action du nouveau Président de la République et sur la politique conduite par son gouvernement. On va également me préciser que Macron met en œuvre le programme sur lequel il a été élu il y a quatre mois. Je rappelle simplement que son programme a été approuvé par seulement 18 % des électeurs inscrits au premier tour de la Présidentielle et qu’au second tour il a d’abord été élu par rejet de la candidate du FN. Mais déjà les premières décisions ont des conséquences très négatives sur la situation de beaucoup d’entre nous et aussi plus globalement pour notre commune.

Concernant notre vie quotidienne

Les ordonnances sur le Code du Travail provoquent une rupture du fondement de l’ordre social. Elles confirment l’inversion de la hiérarchie des normes et la fin du principe de faveur. Les CDD ne seront plus encadrés par la loi mais négociés dans les 700 branches. Les primes ne relèveront plus des accords de branches mais pourront être renégociées entreprise par entreprise. C’est une baisse généralisée des salaires et une précarisation galopante qui se préparent avec en plus le CDI de projet. Les délocalisations seront de facto encouragées, les licenciements facilités et la fusion des instances de représentation du personnel comme les référendums d’entreprise ne visent qu’à briser les libertés syndicales et la capacité des salariés à se défendre contre les chantages à l’emploi de demain !

Le gouvernement Macron réserve 46% des baisses d’impôts aux 10% des plus riches. Il commence par supprimer l’Impôt sur la Fortune pour les actionnaires. Il s’en prend aux plus faibles à travers la baisse des aides au logement et la suppression des contrats aidés. C’est un immense plan national de licenciement menaçant la pérennité déjà si fragile du mouvement associatif, qui va impacter nombre de structures de l’économie sociale et solidaire et désorganise d’ores et déjà la rentrée scolaire dans de nombreux départements.

Le Medef, qui rêve depuis 1945 de briser tous les acquis du Conseil National de la Résistance, a en Macron un valet aussi fidèle que le présageait le programme de Fillon. L’étatisation de l’assurance chômage, la fiscalisation de la sécurité sociale par la hausse de la CSG constituent d’autres axes essentiels des contre-réformes néolibérales tant attendues par le patronat. Tandis que la promesse électorale d’une hausse du pouvoir d’achat des fonctionnaires est déjà trahie via le gel du point d’indice et la réinstauration du jour de carence, le prochain budget s’annonce être une nouvelle saignée d’austérité. Pour achever ce tableau déjà si sombre, le patrimoine national va faire l’objet de nouvelles liquidations par privatisations. Comble du cynisme, ce sera pour financer « l’innovation », alors qu’il ne s’agit que de la mise en exécution de toutes les vieilles recettes libérales. Et le choix de la méthode est clair : bâillonner le Parlement en passant par les ordonnances, faire croire à un « dialogue social » en se refusant à de réelles négociations simultanées avec l’ensemble des organisations syndicales, et insulter les « riens », les « fainéants » et les « cyniques » qui oseront s’opposer.

Au niveau de notre commune

Sans la moindre concertation avec les associations d’élu-e-s locaux, un décret du 21 juillet a supprimé plus de 250 millions de dotations de soutien à l’investissement local. Alors que les communes réalisent plus de 60% des investissements publics, générateurs d’activité économique et donc d’emplois, il est à craindre que ces nouvelles restrictions remettent en cause des subventions attendues pour plusieurs investissements locaux : l’extension du gymnase des Mares Yvon, la réhabilitation de la Maison des seniors ou les travaux dans les écoles… En effet même si l’État n’interviens pas directement pour financer ces investissements, les restrictions décidées auront forcément des conséquences sur le niveaux des subventions prévues au niveau du Conseil départemental et de la région, mais aussi pour l’agglomération au niveau des travaux de voirie et la construction d’équipements...

L’inquiétude est également très importante suite à la suppression de plusieurs crédits d’intervention de l’État en direction des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Alors même que le programme de réhabilitation de la résidence Boieldeu-Bizet est encore dans les cartons, il est à craindre qu’il finisse par être complètement édulcoré. Et comment ne pas s’inquiéter de la décision de ne pas renouveler la plupart des contrats aidés qui permettent en particulier l’embauche d’auxiliaires de vie pour les élèves en situation d’handicap, de personnels sur le temps périscolaire et dans les établissements d’hébergement des personnes âgées, sans oublier les nombreuses associations qui n’ont que ce seul recours pour assurer leurs activités.

Résistance !

Le Président des riches est néanmoins très faible. Au plus bas dans les sondages, sa cote d’impopularité si peu de temps après l’élection bat tous les records des Présidents de la 5e République. Il n’a aucune majorité sociale dans le pays pour mener cette politique qui ne sert que les intérêts d’une minorité d’ultra-riches. Sa majorité à l’Assemblée nationale peut sembler écrasante numériquement, elle est très faible politiquement. Très peu présents dans les débats, nombre de députés LREM regrettent déjà leur choix de carrière, quand on ne les retrouve pas dans des histoires abracadabrantesques d’agressions à coup de casques de moto ou de petits commerces lucratifs de visites de l’Assemblée. Rien d’étonnant à cela, tellement la base sociale et culturelle des supporters du projet de la “start-up nation” ne peut qu’être éloignée de l’éthique républicaine.

Il faut créer les conditions du rapport de force dans la rue pour mettre en échec Macron et son monde. C’est non seulement nécessaire, mais c’est aussi possible. Le CPE a bien été abrogé en 2006 après la promulgation de la loi devant l’importance de la mobilisation sociale de la jeunesse. Une mobilisation populaire massive pourrait aussi conduire l’exécutif à faire le choix du recours à la dissolution de l’Assemblée nationale et à des élections anticipées bien avant la fin du quinquennat. Je m’inscris donc résolument dans la marche du 23 septembre contre le coup d’État social. Cette marche citoyenne doit permettre de fédérer l’ensemble des colères contre l’illégitimité et l’injustice de ces politiques. L’invitation est adressée à toutes et tous, salarié.e.s, retraité.e.s, jeunes, syndicalistes, militant.e.s politiques, associatifs ou simple citoyen.ne.s. Chacune et chacun est invité.e à y participer, avec ses mots d’ordre, avec ou sans ses drapeaux.

Candidat, Emmanuel Macron se présentait comme libéral, démocrate et moderne. Comme Président, il se révèle avant tout comme méprisant le peuple, dérégulant le droit social et privilégiant les plus riches.

 

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