Colère des lycéens : le bilan catastrophique de madame Pécresse

Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 17 octobre, je tiens à faire le point sur les principales décisions prises depuis 11 ans par la droite au Conseil régional d’Ile-de-France.

En effet beaucoup de revendications exprimées par les lycéennes et les lycéens ces dernières semaines sont directement liées au bilan désastreux et à l’arrogance de madame Pécresse à la tête de la région.

Étudier, se loger, se déplacer, trouver un stage, accéder à un premier emploi : ces étapes sont aujourd’hui toujours plus difficiles pour les jeunes en Ile-de-France. Aides supprimées, budgets réduits, tarifs augmentés, promesses abandonnées : les lycéens, les étudiants et leurs familles paient le prix des choix politiques de la droite. Je reprends ci-dessous les éléments régulièrement dénoncés et documentés par les conseillers régionaux insoumis, communistes et écologistes.

Mobilité internationale des étudiant·e·s : bourses supprimées

En 2024, la Région a arrêté son dispositif de bourses à la mobilité internationale des étudiants de DUT, licence et master. Malgré l’alerte de 21 président·e·s d’universités et d’écoles, la majorité régionale a sacrifié une aide qui permettait notamment aux jeunes des milieux populaires d’étudier ou d’effectuer un stage à l’étranger.

Logement étudiant : un soutien réduit puis interrompu, partiellement rétabli

Alors que la Région consacrait en 2016, 28 millions d’euros d’autorisations de programme au logement des jeunes, étudiant·e·s et apprenti·e·s, elle a progressivement réduit son investissement. En 2025, la droite régionale a même voté un budget primitif avec 0 euro en faveur du logement des jeunes. Une mesure partiellement corrigée en 2026 avec le rétablissement de 10 millions d’euros d’autorisations de programme.

Bibliothèques universitaires : suppression du financement régional des emplois étudiants

Lors du débat budgétaire 2018, les élu-e-s de gauche ont dénoncé la suppression de ce financement régional. Ces emplois permettaient de concilier études et activité rémunérée, tout en assurant le fonctionnement des bibliothèques universitaires et à l’accueil de leurs usagers.

Permis de conduire : une aide progressivement réduite de 1 300 à 500 euros

Après l’avoir abaissée de 1 300 à 1 000 euros en 2025, la majorité régionale a baissé, fin septembre 2026, l’aide au permis de conduire de 50%, la ramenant à seulement 500 euros (exception faite pour certains jeunes en situation de handicap). L’aide est désormais limitée aux 20 000 premiers bénéficiaires, alors que près de 43 000 jeunes en bénéficiaient en 2023. Ce recul frappe particulièrement les jeunes en insertion, pour lesquels le permis conditionne souvent l’accès à une formation ou à un emploi.

Stages et autonomie : promesses non tenues

Valérie Pécresse avait promis 100 000 stages : seulement 25 000 ont été proposés entre 2021 et 2025. La « banque des jeunes », autre promesse bidon et ultralibérale de la campagne des élections régionales de 2021, a été abandonnée sans avoir fonctionné.

Transports : une qualité de service et des hausses répétées qui pèsent sur les familles

Le Navigo mensuel toutes zones est passé de 75,20 euros en 2022 à 90,80 euros en 2026, soit plus de 20 % d’augmentation ! Il passera, en 2027, à 93,40 euros par mois et 1 027, 80 euros par an. Le forfait Imagine R atteint désormais 401,30 euros par an, frais de dossier compris. Il passera, en 2027, à 413,70 euros ! Se rendre au lycée, à l’université ou sur son lieu de stage coûte toujours plus cher alors que la qualité de service se dégrade, notamment sur le réseau de bus et en grande couronne.

Restauration scolaire : une sixième hausse en 11 ans

À la rentrée 2026, les tarifs de la restauration scolaire dans les lycées publics ont augmenté de +1,77 %, après celle de 1,98 % appliquée en 2024 pour 9 tranches du quotient familial sur 10. Cette nouvelle hausse concerne 96 % des demi-pensionnaires. Depuis 2021, 47 % des demi-pensionnaires ont subi une hausse comprise entre 42 et 57 € par élève et par an. Depuis 2023, les 3 dernières tranches du quotient familial, soit une famille sur deux, ont connu une hausse moyenne cumulée de 13,8 % de leur participation au repas. Pour rappel, la tranche A, gelée à 50 centimes d’euros par repas, concerne moins de 10 000 demi-pensionnaires sur 265 000.

L’Île-de-France : la région qui dépense le moins par lycéen

Le budget prévisionnel des lycées pour 2026 est de 349 millions d’euros en fonctionnement et de 786 millions d’euros en investissement. Passons sur le fait que fonctionnement et investissement ne s’additionnent pas dans un budget car ces deux sections répondent à des règles de nature différente, il n’en reste pas moins que le mirage des 1,9 milliard d’euros s’évapore.

Ramené au budget total de l’Île-de-France de 5,8 milliards d’euros, aux 470 lycées publics et aux 453 270 élèves de ces lycées, le calcul de la dépense régionale par lycéen est éclairant. D’après les chiffres du Ministère de l’Éducation nationale, entre 2021 et 2023, en euros constants de 2023, l’Île-de-France a dépensé 2 380€ par lycéen par an alors que la moyenne nationale est de 3 188€ par lycéen par an. L’Île-de-France est donc la lanterne rouge des régions de la France – à périmètre égal. Ce n’est donc nullement étonnant que la mobilisation lycéenne ait débuté dans un lycée de Créteil et se soit diffusée rapidement dans d’autres établissements notamment de Seine-Saint-Denis. Plusieurs de ces lycées s’étaient d’ailleurs régulièrement mobilisés contre la vétusté des locaux et pour des moyens.

L’Île-de-France en queue de peloton pour l’investissement dans les lycées publics

Concernant l’investissement annuel par rapport au nombre d’élèves, la région Île-de-France se situe également en bas du classement des régions de la France hexagonale et en-dessous de la moyenne. Durant le premier mandat de Valérie Pécresse de 2016 à 2021, le montant annuel de dépenses d’investissement par lycéen était de 1 114€ alors que la moyenne nationale était de 1 210€. Durant la période 2022-2025, l’investissement par lycéen de l’enseignement public était de 1 206€ en Île-de-France alors que la moyenne nationale était de 1 347€.

Si un plan pluriannuel d’investissement de 6,6 milliards d’euros se déploie depuis 2016, il ne s’appuie ni sur un inventaire du bâti des lycées – refusé par la droite régionale -, ni sur une programmation transparente des travaux de rénovation établie en fonction de priorités objectives, ni sur une concertation réelle des équipes éducatives et des communes concernées. Ce plan d’urgence, prévu initialement sur 10 ans, a pris du retard amenant la cour régionale des comptes[2] à tirer le signal d’alarme, en 2021, et à indiquer que seuls 25 % des crédits annoncés étaient réellement dépensés.

Pour finir, huit réorganisations ont été imposées à la direction régionale du Patrimoine et des lycées. Celles-ci ont réduit leurs moyens augmentant ainsi le périmètre d’une équipe d’un ingénieur et de techniciens de 25 lycées en 2016 à plus de 40 lycées en 2021, augmentant ainsi le nombre de factures impayées et, mécaniquement, le nombre d’entreprises stoppant les travaux en cours. Certains lycées se retrouvent, par conséquent, dans des phases de travaux interrompus depuis plusieurs années sans connaître leur date d’achèvement tandis que d’autres lycées en attendent toujours.

La Dotation Globale de Fonctionnement des Lycées publics en baisse de 37€ par élève depuis 2016

La DGFL versée aux lycées publics finance les dépenses courantes, la petite maintenance ou encore les fournitures des établissements. Son montant est donc déterminant pour la vie quotidienne d’un lycée. Pourtant, il n’est pas indexé sur l’inflation. Ainsi, entre 2021 et 2027, la dotation régionale a baissé de 13,5 % en euros constants. De 2026 à 2027, alors que l’inflation est estimée à 2,5 % en 2026 puis à 1,7 % en 2027, la dotation régionale notifiée aux établissements n’augmentera que de 0,68 %.

Depuis 2016, la dotation augmente également bien moins vite que le nombre d’élèves. Par exemple, entre 2023 et 2027, alors qu’il y a 6,88% d’élèves en plus, la dotation régionale n’a augmenté que de 1,62%. Votée chaque année en septembre, le montant prévu pour 2027, et acté au début du mouvement lycéen, baissera de 12€25 par élève ! Depuis 2016, la dotation régionale a baissé de 37€ par élève. Ces baisses annuelles fragilisent les moyens d’entretien et de petite maintenance des lycées. Elles expliquent, pour partie, comment certains lycées arrivent à une accumulation de petites défaillances provoquant des pannes et des problèmes plus importants.

Le déni sur les manuels scolaires

Le 18 septembre dernier, la Cour administrative d’appel de Paris a confirmé l’illégalité de l’édition et de la diffusion, par la Région Île-de-France, de manuels scolaires numériques dits manuels « libres » ou « territoriaux ». La Juridiction a fixé au 2 novembre 2026, au plus tard, le retrait des manuels régionaux de la plateforme Pearltrees, support des manuels interdits par la Justice et dénoncée comme outil de "tiktokisation" de l’éducation.

Malgré cette décision, madame Pécresse tente de gagner du temps plutôt qu’agir. Lors de la Commission permanente du 24 septembre, la majorité régionale a rejeté un amendement des élu-e-s de gauche proposant de débloquer en urgence 2,5 millions d’euros supplémentaires pour financer l’acquisition de manuels scolaires d’éditeurs, numériques ou papier, et assurer une solution aux établissements concernés. Ce refus fait peser un risque : sans crédits suffisants, les lycées devront choisir entre réduire le nombre de manuels disponibles, puiser dans des budgets déjà contraints ou solliciter financièrement les familles. Madame Pécresse hypocritement remet progressivement en cause la gratuité des manuels scolaires dans les lycées publics franciliens, pourtant acquise depuis 2004.

Répondre aux revendications lycéennes

Sans déni sur tous les reculs constatés, les baisses de crédits et la réalité du bâti des lycées publics franciliens, la région n’est malheureusement pas au rendez-vous des exigences de la jeunesse.

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